• Aporia Culture

Compte-rendu du 3e Etabli qui abordait l'éco-responsabilité

Vous n'avez pas pu venir ? Voici un bref compte-rendu !

C'était le 3e Etabli collaboratif le mardi 7 juin dernier, à l'initiative d'Aporia Culture et de XYLM. Dans le cadre du cycle d'accompagnement "La voie est libre", nous expérimentons une nouvelle manière de travailler ensemble en coopération, en transversalité et en mutualisation entre acteurs culturels du Sud-Aveyron. Deux thématiques axent notre programme d'action : la mutualisation des compétences et l'éco-responsabilité. Ce programme d'accompagnement a lieu à Millau au tiers lieu Pingpong.

Etabli #3 : Compte rendu

Culture et transition écologique : engager une démarche écoresponsable dans le secteur culturel


Partage d’expériences et lancement de la démarche

L’urgence climatique se précise à travers les rapports successifs du GIEC. Le dernier en date rappelle qu’il n’est pas trop tard pour agir. Des chercheurs et des experts ont développé des approches méthodologiques fondées sur la mesure de l’impact carbone de nos structures et activités culturelles. Si nous sommes souvent conscients de cette nécessité, la mise en œuvre concrète d'une stratégie cohérente et efficace nous semble parfois très complexe à appréhender. La nécessaire transition écologique qui implique une mutation profonde de nos pratiques professionnelles constitue peut-être aussi un formidable outil pour fédérer les acteurs culturels d’un territoire et agir de manière transversale. Cette première demi-journée de travail nous a permis de découvrir des initiatives déjà engagées sur le territoire (Théâtre de la Maison du Peuple, Micropolis, Grands Causses Cinéma…) pour identifier des priorités d'actions et déterminer ensemble une feuille de route adaptée à nos spécificités.


Participants :

Céline Guelton-Thomasset, présidente Aporia Culture

Charlotte Athlan, stagiaire Aporia Culture

Bertrand Onfray, directeur Micropolis

Claudette Lavabre, présidente ASSA-ATP

Manuel Garcia, secrétaire Grands Causses Cinéma

Nicolas Wöhrel, maire adjoint Culture ville de Millau

Stéphane Chatellard, directeur Théâtre de la Maison du Peuple

Jean-Marie DOAT, En votre Compagnie

Romain Mericskay, XYLM



La demi-journée était organisée avec un temps de repas partagé pour favoriser l’interconnaissance et

la convivialité.


1er retour d’expérience : Micropolis

Bertrand Onfray, est directeur de Micropolis depuis 2019.

Micropolis, la cité des insectes, est un parc de loisirs culturels situé à St-Léons, village natal du célèbre entomologiste Jean-Henri Fabre. Si ce parc de loisirs dédié à la découverte de la biodiversité semble naturellement concerné par les enjeux écologiques, aucun élément formalisé sur le développement durable ne figure dans


la convention de délégation de service public. Le choix d’engager une démarche trouve son origine dans une conviction personnelle du directeur. La découverte des actions mises en œuvre au Théâtre de Millau fut également une source d’inspiration. Le parc est membre du syndicat national des espaces de loisirs, d’attractions et culturels (SNELAC) qui a initié Le Label Divertissement Durable (divertissement-durable.fr) qui est l’outil de structuration de la démarche construite sur des principes simples :

-Expertise et indépendance : 3 auditeurs qualités ont la charge de l’évaluation de la démarche pour 20 à 30 sites en France.

-Evaluation précise : mesurer ses consommations, son impact (consommation d’eau, d’énergie, volume des poubelles…

-Planification : identifier les points sur lesquels agir, se donner des objectifs et un plan d’action pour les atteindre

-Obligation de progression pour conserver le label Démarche globale qui ne peut être efficace que si l’équipe est impliquée, il faut faire agir d’abord les salariés mais aussi le public.

Le coût de la labellisation est estimé entre 1500 et 2000€/an (2 jours d’audit indépendant)


Limites constatées :

-Gestionnaire mais pas propriétaire du site, la direction n’est pas décisionnaire sur les investissements (remplacement chaudière au fuel par exemple)

-Les transports sont un levier important de réduction des émissions carbone car le site étant excentré, le public vient principalement en voiture. Il faudrait pouvoir travailler avec la Région et le Département sur un plan transports plus vertueux (ligne de bus, bornes de recharge véhicules électriques, location de vélos électriques et voies cyclables…)

-Stratégie de communica


tion, valorisation pour faire du développement durable un enjeu central justifiant des investissements et aménagements conséquents.


2ème retour d’expérience : Grands Causses Cinéma

Association pour le développement des activités audiovisuelles dans le Sud-Aveyron, elle accompagne les producteurs et équipes sur le tournage de films avec notamment le recensement et la constitution d’une base de données de décors et ressources nécessaires aux tournages. L’association est également engagée dans la promotion des acteurs locaux, la structuration de la filière, l’éducation à l’image…

Les enjeux écoresponsables du secteur sont actuellement encadrés par la charte Ecoprod, Conseils et informations pratiques pour des productions audiovisuelles respectueuses de l'environnement du CNC qui devrait évoluer vers une démarche de labélisation des productions. Toutes les activités et tous les corps de métier sont concernés.

L’activité cinématographique est encore très centralisée sur Paris et l’IdF ce qui génère des transports importants de matériels et de professionnels.

Filière très spécialisée organisée par corps de métier (chefs opérateurs, régisseurs généraux…).

Secteur d’activité complexe et coûteux (la mobilisation d’équipes et de matériels aboutit à une évaluation des coûts de


production à la « minute ») dans lequel la dimension économique est largement prioritaire sur les enjeux environnementaux. La démarche de certification « écoresponsable » d’une production (Secoya Ecotournage)est également assez coûteuse et difficilement accessible pour les petites productions.


Les mesures portent sur :

-Transports

-Restauration

-Gestion des décors et matériaux

-Gestion des déchets

-Consommation d’énergie


Occitanie Films (agence r


égionale) met en place des formations. Des partenariats se construisent avec Grands Causses Cinéma qui pourrait investir plus fortement ce champs dans les années à venir avec des formations dédiées, des outils d’accompagnement spécifiques… Mais beaucoup reste à faire dans le secteur du cinéma qui reste emblématique de grandes contradictions (propos et contenus sensibilisant à l’environnement mais mode de production très impactant).


3ème retour d’expérience : Théâtre de la Maison du Peuple

Démarche engagée en 2017 à l’initiative de 3 membres de l’équipe (direction, agent administratif, agent technique). Volonté de s’attaquer à la contradiction entre le discours et les usages réels.


Analyse globale de la situation :

Equipement récent et bien conçu mais, bien commun « à tout le monde et à personne », problème de responsabilité des usagers. Taux d’occupation important avec principalement des gens « de passage ». Mise en place d’un « accueil café » pour expliquer aux utilisateurs le lieu, ses valeurs, son fonctionnement afin de sensibiliser et de partager une approche « commune ».


Structuration de la démarche :

-Identification d’un référent au sein de l’équipe dont le rôle est clairement énoncé ce qui lui donne aussi de la légitimité.

-Formation et sensibilisation de l’ensemble de l’équipe

-Evolution des fiches de postes

-Appui sur les compétences tierces des personnels

-Inclure déplacements en transports en commun dans les contrats avec les artistes

-Politique d’investisse


ment ciblée (cellules lumières, robinets poussoirs, optimisation zones d’éclairages, chauffage et climatisation, éclairages à Led, tri des déchets…)

Objectifs : améliorer l’évaluation (sous compteurs pour mesurer les résultats des efforts), travailler

sur les transports des artistes et des publics.


Mise en place d’un « écofestival » dans la saison qui sert de laboratoire pour expérimenter des démarches plus fortes mais aussi plus difficile à appliquer systématiquement.


A l’échelle du secteur : charte développement durable de la DRAC (incitative) critères d’éco-responsabilité de la Région, réflexion engagée au sein des réseaux professionnels. Mais attention inflation de la charge de travail administratif sans moyens supplémentaires dans une organisation déjà à flux tendu.


Perspectives et propositions pour suite de la démarche

Pour être efficaces engager une démarche coordonnée avec plusieurs chantiers identifiés :

-Formation mutualisée pour les acteurs (fresque du climat, élaboration d’une stratégie, outils

de mesure de l’impact des activités…)

-Collectes d’informations et de ressources

-Démarches collectives auprès d’acteurs et d’opérateurs (restauration, hébergements, gestionnaires de transports, Sydom, Horecad (UMIH), APABA, SNCF, Services du Parc naturel régional…)

-Elaboration d’outils transverses (charte locale, fiches ressources, plan de gestion des déchets..)

-Mutualisation d’équipements (investissements, locations ?)

-Mutualisation de transports ?

-Démarche de communication et valorisation des actions entreprises.


Cette approche nécessitera un investissement de la part des différents acteurs avec une répartition des tâches pour élaboration puis mise en commun. Il faudrait un outil partagé pour référencer les ressources, les actions entreprises…

L’approche collective devrait nous donner des moyens d’agir et une dynamique pour faire face à un chantier qui peut parfois apparaître comme désespérant vu son ampleur.

Le secteur culturel comporte également une dimension spécifique de sensibilisation et d’accompagnement des changements sociétaux à entreprendre : lutte contre la crise de la sensibilité

au vivant (CF Bruno Latour, Philippe Descola, Baptiste Morizot).

Proposition d’action pour le prochain Etabli : Mise en œuvre d’une formation pour mise à niveau de l’ensemble des acteurs intéressés et élaboration d’un plan d’actions à l’échelle des acteurs culturels du Sud-Aveyron. Cette formation pourrait être réalisée en 2 temps pour faciliter la participation du plus grand nombre : 1 session de 13h30 à 16h30 et une session de 17h30 à 20h30. Cet atelier pourrait être positionné le mardi 27 ou jeudi 29 septembre 2022.

> En savoir plus sur cet Etabli #4


Compte-rendu rédigé par Romain Mericskay, XYLM consultant.


Téléchargez le compte-rendu de l'Etabli #3 ici en version pdf :

AporiaCulture-CRetabli3
.pdf
Download PDF • 1.10MB

Le prochain rendez-vous collectif lié à ces questions d'éco-responsabilité est fixé le mardi 27 ou jeudi 29 septembre 2022 après-midi à Pingpong le Toit à Millau. Ce sera gratuit. Inscrivez-vous tout de même auprès d' aporia.culture@gmail.com ou par téléphone 06 07 11 22 51.



Le programme d'accompagnement "La voie est libre" et le cycle des Etablis sont soutenus par la DRAC Occitanie et la Région Occitanie en 2022, en partenariat avec le tiers lieu Pingpong.