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Reporté // Rencontre-lecture avec Louise Desbrusses


Suite aux intempéries survenues le 19 septembre dernier dans les Cévennes, la résidence de Louise Desbrusses à la Filature du Mazel est reportée en 2021. Par ailleurs, l'évolution de la situation sanitaire ne facilite pas l'organisation d'événements. Nous ne pourrons donc pas l'accueillir le 16 octobre à Pingpong Cowork à Millau. Merci pour votre compréhension ! Ce n'est que partie remise...

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Vendredi 16 octobre 2020 - 18h30

Lecture-Rencontre avec  Louise Desbrusses

Animée par Stéphane Got

A Pingpong Cowork - Millau

Louise Desbrusses, écrivaine et performeuse, est en résidence cet automne à la Filature du Mazel (Notre-Dame-De-La-Rouvière) pour l'écriture des dé-fileuses. Résidence soutenue par Occitanie Livre & Lecture.


Elle lira des extraits de son texte en cours, dont le point de départ est une performance improvisée dans une filature cévenole dont les photos, prises par Isis Olivier, seront projetées lors de la soirée. Ce texte tisse des liens entre les femmes qui fabriquent les vêtements, et celles qui les portent, entre les ouvrières françaises d'hier et celle du bout du monde aujourd'hui, entre les femmes de ces lignées, dont les unes ont lavé, cousu, brodé des vêtements que les autres ont porté.

Les dé-fileuses, in situ à la filature Vernet (Lasalle)

performance Louise Desbrusses © photos Isis Olivier


C'est la seconde création de l'autrice en lien avec le monde du travail. Son premier roman, L'argent l'urgence, édité par P.O.L, qui se déroulait dans une grande entreprise, emploi peu pénible, bon salaire, posait la question du sens. Dans les dé-fileuses, les femmes sont au centre, qu'elles travaillent pour que d'autres se vêtent ou qu'elles se vêtent pour répondre aux injonctions d'une société toujours inégalitaire.

Quel est cet intérêt de l'autrice, pour le monde du travail, un monde souvent oublié par l'art et la littérature ? Qu'est-ce que l'art et la littérature peuvent saisir du travail qui échappe à d'autres approches ?

Ce sont quelques-unes des questions qui seront abordées lors de la rencontre animée par Stéphane Got, artiste et co-créateur de la V.R.A.C (Vitrine Régionale d'Art Contemporain) de Millau.

Autrice de poésie, essais et autres formes hybrides, Louise Desbrusses a publié chez P.O.L deux romans, L’argent, l’urgence puis Couronnes Boucliers Armures. Performeuse, elle a adapté et dansé I think not, chorégraphie de Deborah Hay (Festival Concordan(s)es - Bagnolet) et créé Le corps est-il soluble dans l’écrit ? Conférence dansée pour le Cabaret de curiosités #10 du Phénix - Scène nationale de Valenciennes. Elle a conçu (texte, chorégraphie, vidéo) sa dernière pièce, In extenso (musique : Louis-Michel Marion) avec le soutien de la Région Hauts-de-France l'an passé.

Bibliographie de Louise Desbrusses :

L'argent, l'urgence, éd. POL, 2006.

Couronnes boucliers armures, éd. POL, 2007.

Toute tentative d'autobiographie serait vaine, éd. Lansman, 2010.

Le corps est-il soluble dans l'écrit ?, éd. Principe d'incertitude, 2018.


Cette rencontre est organisée dans le cadre de sa résidence à la Filature du Mazel, fabrique artistique et culturelle en Cévennes (Notre-Dame-de-la-Rouvière - Gard), avec le soutien d'Occitanie Livre & Lecture.


Plusieurs rendez-vous avec l'autrice sont prévus, parmi lesquels une rencontre à Millau, le 16 octobre à Pingpong Cowork en partenariat avec Aporia Culture et la V.R.A.C., une sortie de résidence le 31 octobre à la Filature du Mazel, et une lecture-performance à la Filature du Pont de Fer (Lasalle), le 5 novembre.


Il y a vingt ans, Louise Desbrusses a trouvé, dans une maison de la presse, à Génolhac ou Chamborigaud, croit-elle se souvenir, une carte postale sur laquelle était reproduit un "Règlement des fileuses logées" qui évoquait à ses yeux plus des esclaves ou des délinquantes que des ouvrières. Ça commence souvent comme ça un projet, une graine semée et qui dort, parfois longtemps, et un jour germe. Ce jour-là, c'est en 2014, dans une filature en travaux, à Lasalle. La filature Vernet. L’autrice et artiste de performance est venue là pour des portraits qu'on lui demande. Et puis soudain, tout bascule. Avec sa complice photographe, Isis Olivier, elle se lance dans une performance, une danse. Elles jouent comme des enfants : c'est-à-dire totalement, c'est-à-dire intensément, c'est-à-dire sans même y penser. Comme un rituel spontané pour se désenvoûter de l'emprise sur les corps féminins, les corps dressés, le "corps ouvrière" : un dé-filé.


Aujourd’hui l’autrice revient grâce à l'invitation l'an passé de la Filature du Mazel et une bourse de résidence d'Occitanie Livre et Lecture en faveur d’auteurs et d’autrices vivant hors de la région pour continuer de "dé-filé". Le texte que l'autrice souhaite écrire n'est pas, selon ses mots « un récit, une fiction, un document, un poème, un essai. Ou plutôt il est tout cela. » Il sera fait de plusieurs fils tissés, chaîne et trame, histoires se croisant. Fil de vie de ces femmes pauvres de toutes les époques qui se brisent le corps pour que d'autres femmes moins pauvres de toutes les époques puissent se parer de manière, elles, à garder leur place dans des sociétés qui leur accordent de la valeur à hauteur de leur apparence.


Louise Desbrusses est écrivaine, vidéaste et artiste de performance. Dans ses créations, elle explore les intervalles entre des états, des moments, l'entre-deux. C'est ceci et c'est aussi cela, et c'est encore autre chose. Et. Car l'expérience de la vie est multivoque, équivoque, organique et qu'il s'agit de cela : de l'expérience de vivre que l'autrice met en images, en mouvements, en mots depuis son premier roman, très remarqué, L'argent, l'urgence chez P.O.L (2006) suivi par Couronnes Boucliers Armures (P.O.L, 2007), mention spéciale du Prix Wepler Fondation-La-Poste. A partir de 2010 l'écrivaine s'engage dans la performance avec les poèmes de Réel est Dieu, puis du Cœur rectifié. En 2012 elle adapte et danse I think not, solo de la chorégraphe américaine Deborah Hay pour le Festival Concordan(s)es. Puis elle écrit et chorégraphie Le corps est-il soluble dans l'écrit ? Conférence dansée, au Phénix - Scène nationale de Valenciennes (dansé ensuite notamment au Théâtre de la Vignette à Montpellier) jusqu'à sa parution (livre & DVD) chez Principe d'Incertitude (2018). Parallèlement, elle publie textes courts, photos, poésies, essais et créée des performances. La dernière, en 2019, après une résidence d'écriture pour un prochain roman à la Maison des Ecritures de Lombez Occitanie : In extenso (poésie, performance, vidéo, danse) avec le contrebassiste Louis-Michel Marion.


Informations pratiques :

Pingpong Cowork - 21 rue du Pont de Fer 12100 Millau

Table de vente avec la librairie Syllabes.


En savoir plus :

>Editions POL

>Filature du Mazel

>La VRAC

>Teaser de la création In extenso


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